Billie marine

Chantier naval

Chantier Naval Morbihan  - Vente bateaux occasions  Bretagne et Importateur Multi 23
Voiliers  Bâteaux à moteur

L’ÉVOLUTION DE LA CONSTRUCTION NAVALE CES VINGT DERNIÈRES ANNÉES VUE PAR PIERRE-MARIE BERNARD

 
Billie Jane Construction de mât La Jane Pierre-Marie Bernard-1986 La Rose Blanche Cast'Or Billie Jane Quetzal Construction Billie Jane au chantier Dufour Atelier Billie Jane Multi 23

Pierre-Marie Bernard : «Les marins manquent, pas les voiliers!»-

ARTICLE VOILES &VOILIERS par Dominique Bourgeois

Le chantier Billie Marine est particulier puisqu’il ne construit plus d’unités au look classique, s’étant recentré sur l’entretien et la réparation ainsi que sur la distribution d’un trimaran, le Multi-23.

Dans notre tournée de l’hexagone, le chantier Billie Marine est un peu particulier puisqu’il ne construit plus vraiment d’unités au look classique, s’étant recentré sur l’entretien et la réparation ainsi que sur la distribution d’un trimaran day-boat, le Multi-23. Mais son créateur et animateur, Pierre-Marie Bernard est un personnage clé du paysage nautique et ses anecdotes retracent bien l’évolution de la construction navale ces vingt dernières années…


v&v.com : Pierre Marie Bernard, on peut dire que la situation actuelle de la construction navale est plus que difficile…

Pierre-Marie Bernard : Il s’est passé pas mal de choses ces dernières années et ce n’est pas facile de vivre du nautisme en ce moment ! Particulièrement pour un concessionnaire qui vend essentiellement du bateau neuf… Les gens comme moi qui se sont repliés sur le service (réparation, entretien, hivernage, manutention…) peuvent s’en sortir, mais fabriquer des bateaux et les vendre, ce n’est pas le moment !

 

v&v.com : Mais c’était pourtant ton cœur de métier de construire des bateaux !

P-M. B. : J’en fais toujours, mais avant je ne faisais que ça. Le premier bateau que j’ai réalisé, c’était en 1986 : une yole conçue par Gérard d’Aboville à six rameurs et un barreur pour une association de la baie de Morlaix, car à l’époque il y avait un challenge d’Aboville. Il y en a encore une à Auray, La Françoise que le chantier B&B avait réalisé à La Trinité/mer en bois moulé. J’avais récupéré les moules d’étrave et de tableau arrière… Puis j’ai fait le Billie Jane en 1988.

 

v&v.com : Un voilier au look classique mais à coque polyester…

P-M. B. : Je l’avais moulé sur un cotre de Carantec pour le premier rassemblement de Douarnenez. J’avais dans mon chantier de Morlaix de 400 m2 - installé juste à côté de la Manufacture des tabacs, sur le port – La Jane, un cotre original en bois que je devais restaurer et j’ai eu l’idée d’en tirer un moule.

 

v&v.com : Comme Tabarly avec Pen Duick ?

P-M. B. : Je voulais montrer que ce n’était pas le matériau qui faisait qu’un bateau était beau ou pas ! J’étais tombé amoureux des cotres de Carantec et celui-là avait été construit chez le « petit » Sibiril en 1931 pour le père de Jean Messager, qui était barreur du roi d’Espagne. C’était une tradition depuis le 19ème siècle : le patron des Hispania était toujours du Dourduff et les marins se cooptaient quand l’un d’eux était trop ancien ! La Jane – qui était le prénom de sa femme - servait à la pêche en baie de Morlaix, mais comme il se faisait vieux dans les années 70, il l’a vendu pour acheter une des premières Ombrine de Bénéteau, qu’il a appelé Billy comme le prénom de son grand-père. C’est pourquoi le bateau de série que j’ai tiré du moule s’est appelé Billie Jane !

 

v&v.com : Et qu’est devenu le cotre original ?

P-M. B. : Le jour de Noël, le propriétaire qui travaillait avec moi à la restauration de La Jane est mort… Moi, j’étais allé voir Cadoret du magazine Le Chasse-Marée pour lui expliquer ma démarche : les rédacteurs ont fait un petit article et j’ai vendu mon premier exemplaire à un Brestois dans la Marine Marchande ! J’avais un client avant même de commencer… Et par la suite, je n’ai jamais construit un bateau s’il n’y avait pas une commande d’avance. Par philosophie et par nécessité financière ! Il en faut de l’argent pour réaliser des moules et un premier exemplaire d’une série dont on ne sait pas si elle va marcher.

 

v&v.com : Mais comment en es-tu arrivé à monter un chantier naval à Morlaix ?

P-M. B. : Mon père avait des bateaux et il m’emmenait naviguer ! Quand je suis sorti de l’armée comme chasseur alpin, ça m’a sauté à la cervelle : je voulais construire des voiliers. Alors j’ai fait la tournée des chantiers navals de Saint-Malo à Nantes au mois de décembre avec mon sac à dos et en stop… J’ai découvert plein de petits ateliers, plein de baies que je ne connaissais pas, plein de patrons de chantier : même aujourd’hui, ça me sert ! Parce que j’ai rencontré tout le monde du nautisme des années 80. Et finalement, c’est Sibiril de Carantec qui m’a embauché le 1er février 1985 alors que je n’avais jamais vu une machine à bois de ma vie… J’avais vingt ans et mon bac, c’est tout.

 

v&v.com : Sibiril construisait surtout des bateaux de pêche…

P-M. B. : Mais aussi des bateaux pilotes, des vedettes pour la SNSM. Je suis resté deux ans à travailler sur la Grande Grève avec une trentaine d’autres ouvriers. J’avais dans la tête de monter mon propre chantier un jour, et mon beau-père qui avait une mine d’or en Amazonie, m’a proposé de le faire à Macapa, au Brésil : il y avait le bois à portée de main… Mais au final, je me suis retrouvé une année dans la boue à chercher des pépites et à attraper la malaria ! Je suis donc rentré en France avec ma femme et mes deux enfants pour monter mon chantier à Morlaix.

 

v&v.com : Mais qui t’as appris à faire de la stratification polyester ?

P-M. B. : J’ai appris tout seul : en fait, quand tu es menuisier ou charpentier de marine, faire du plastique n’est pas compliqué. Il m’a suffi d’embaucher des gars qui savaient faire pour apprendre en quelques semaines. On a donc fait un moule sur ce cotre de Carantec qu’on avait préparé pendant des semaines : il ne fallait pas que j’abîme l’original ! Et ça a presque totalement raté : il a fallu tout re-poncer l’outillage, mais j’ai pu tirer 42 Billie Jane dedans. Et j’ai toujours le moule !

 

v&v.com : Tu as réalisé d’autres constructions ?

P-M. B. : J’ai récupéré la restauration d’une ancienne vedette des Douanes en bois moulé de 22 mètres pour un skipper qui voulait faire du charter au Spitzberg : il m’avait avancé 400 000 francs, puis 600 000 francs pour 1,5 million de travaux… J’étais planté financièrement ! J’avais alors quatre Billie Jane en cours de fabrication et huit employés : j’ai dû fermer la boutique. Mais en payant mes dettes parce que j’ai réussi à vendre très cher à mon voisin le fond de commerce d’un hangar qui ne m’appartenait même pas : il le voulait pour en faire un atelier de fabrication de médicaments ! Je n’avais plus d’atelier et des bateaux à construire…

 

v&v.com : Tu trouves alors un atelier à Saint-Philibert, à côté de La Trinité/mer…

P-M. B. : J’avais déjà réservé un stand au Salon Nautique de Paris pour décembre 1990, l’année de la guerre du golfe ! C’était un salon catastrophique, bien pire que ces dernières années… Et le premier jour, je vends un Billie Jane alors que personne ne fait rien. Puis un deuxième bateau le lendemain. Mais je n’avais plus de chantier ! Mon père m’a conseillé d’aller voir les grands chantiers (Bénéteau, Jeanneau, Dufour, Archambault…) pour leur proposer de construire mes bateaux. J’ai fait un aller-retour pour aller chercher mon classeur où étaient notées toutes les étapes pour construire un Billie Jane et j’ai fait la proposition aux chantiers en leur montrant le bateau que j’exposais. Tous les constructeurs m’ont fait une proposition ! Même Bénéteau où Annette Roux m’a reçu tout de suite…

 

v&v.com : Et qui a pris en charge la construction ?

P-M. B. : Le chantier Dufour à La Rochelle : il m’a construit sept unités la première année, six la deuxième. J’avais conservé la finition et la pose de l’accastillage et du gréement à Saint-Philibert où je suis arrivé là-bas début 1991 parce que j’étais passé voir Fred Guérin dans le coin qui préparait sa traversée de l’Atlantique à la rame : je suis tombé par hasard sur un hangar libre que j’ai loué tout de suite. J’ai rapatrié les moules en 1993 pour construire sept nouveaux Billie Jane tandis que je faisais aussi de la réparation et de l’entretien, ainsi que la préparation de voiliers de course comme pour Dominique Vittet sur son Figaro Bénéteau.

 

v&v.com : D’autres modèles sont alors proposés à Saint-Philibert…

P-M. B. : Je démarre la construction du Quetzal, un plan que j’ai extrapolé du Monotype International, un petit day-boat lancé par concours pour les Jeux Olympiques de 1924 à Paris afin de sélectionner les équipages. A l’issue des JO, il devait servir à la chasse en rivière et à la pêche… La plupart de ces monotypes sont restés soit sur le lac du Bourget, soit dans le golfe du Morbihan. C’était un peu le Guépard des années 30, très répandu ! Comme il fallait que je relance un bateau pour en construire, je me suis focalisé sur le Quetzal en 1995 : 22 exemplaires ont été fabriqués, mais l’engouement pour le Guépard a un peu coupé les ailes de ce petit bateau de ballade, parfaitement adapté pour le golfe.

 

v&v.com : Et tu déménages de nouveau, cette fois à Hennebont !

P-M. B. : Avant, j’étais allé voir le Chasse-Marée avec Eugène Riguidel pour relancer le Guépard : il y en avait 26 construits dont pas mal étaient vraiment en mauvais état ou en épave irrécupérable. J’en ai construit cinq, mais la plupart des clients potentiels ont ensuite commandé au chantier du Guip, ce qui était logique puisqu’il était installé à l’Île aux Moines ! Et comme mon chantier grossissait, je cherchait avoir plus d’espace et je me disais surtout que si je voulais perdurer, il fallait que je trouve un local au bord de l’eau dans le Morbihan… Et je tombe sur mon chantier actuel à Hennebont en 1996 : il m’a fallu deux ans avant de pouvoir m’installer définitivement.

 

v&v.com : Entre temps, tu construit le Castor, un petit day-boat sur plan VPLP en strip-planking…

P-M. B. : J’aimais utiliser tous les matériaux possibles : c’est ça l’artisanat ! J’ai fait un autre Castor en bois moulé, légèrement différent. Le premier exemplaire reste tout de même l’un des plus beaux bateaux que j’ai fait… Il aurait fait un carton parce qu’à ce jour, il n’est absolument pas démodé ! Mais ça n’a pas croché à cause du Courlis que je démarre, aux côtés du Billie Jane, du Quetzal, du Cormoran sur plan Jean-Yves Sévellec parce que cet architecte avait fait un moule : j’en ai fait 18 exemplaires… Parce qu’on me demandait ce type de bateaux.

 

v&v.com : Tu récupères aussi un magnifique plan Alfred Mylne de 1909, Lady Trix

P-M. B. : Une histoire incroyable : Réginald Marsh-Feiley et sa femme Florence habitaient à l’Île aux Moines et avaient trouvé ce bateau, Lady Trix qu’ils avaient fait remettre en état en Ecosse. Mais au fil des ans, ils n’arrivaient plus à le mener correctement, surtout un jour où elle est tombée à l’eau… Ils m’ont proposé de vendre leur sublime yacht pour acheter un Billie Jane, mais au bout d’un an, personne n’était acheteur. On a finalement échangé les bateaux : je suis parti de La Trinité/mer avec mon Billie Jane jusqu’à la plage du Goret et je suis revenu avec Lady Trix… Génial ! Je l’ai gardé cinq saisons, mais j’ai dû le vendre parce qu’il y avait trop de travail à faire dessus. Le nouveau propriétaire l’a mis en chantier pour 4 500 heures de restauration à 50 €/h ! Il était magnifique mais à peine sorti, il s’est fait percuter par le travers à La Baule : de nouveau, deux années de travaux… 

 

v&v.com : Et le Billie Charlotte ?

P-M. B. : Je l’ai commencé en 1998 en m’installant à Hennebont : un voilier de sept mètres quinze et de 2,2 tonnes, ça commence à être gros ! Et j’en ai construit dix exemplaires, et le dernier je l’ai livré à La Trinité/mer il y a deux ans… C’est un plan que j’ai déposé à partir d’un mélange de bateau anglais et breton, inspiré de Sea Gull le dessin Mylne que possède Yann Maufret (chantier du Guip à Brest) : un peu les mêmes lignes d’eau, assez joufflu à l’avant, très marin pour sa taille. Je voulais faire un Billie Jane habitable, mais finalement avec la voûte arrière, il n’y a pas tant de volume que ça. La plupart naviguent encore sur la côte atlantique ou en Manche, entre Carteret, Saint-Vaast la Hougue, Paimpol, Brest, Douarnenez, Riec/Belon, Île-aux Moines, Noirmoitier, La Rochelle et un sur le lac Léman !

 

v&v.com : Tu construit aussi le Billie Marie et des Billinette…

P-M. B. : Un client est venu me voir en 2002 pour un Billie Charlotte, mais il le trouvait trop petit alors il m’a proposé de construire un nouveau bateau que nous avons dessiné avec Xavier Faÿ et Erwan Quémard. Une unité de 9,20 mètres réalisée en bois moulé sur lisses jointives, gréé en houari pour passer sous le pont de Pont-Lorois pour remonter la rivière d’Étel, ce qui nous a obligé à résoudre des problèmes liés à une carène moderne car le mât étant assez avancé, il y avait moins de pied pour tenir les haubans… Le tout avec un tirant d’eau de seulement 1,25 mètre, ce qui nous a aussi imposé de réfléchir sur la forme du safran puisqu’il devait s’échouer tout en restant manœuvrable et évolutif ! Et pendant ce temps, Billie Marine fabriquait aussi des Billinette, de petites annexes en polyester : on a en livré 250 exemplaires.

 

v&v.com : Tu réalise aussi un Flat Fish !

P-M. B. : Pareil : en 2005, un client voulait un bateau à sa main que j’ai fait aussi en bois moulé sur lisses jointives, très rapide à faire, très résistant, pas de moule… C’était un très joli dessin de Herreshoff de 6,20 mètres, dériveur, tableau arrière incliné, safran extérieur et semble-t-il, ce « Flat Fish » était son bateau préféré. Le magazine Wooden Boat avait édité tous les plans de Mystic Seaport, revus par Joe White, un architecte américain qui avait fait un catalogue photographique de toutes les étapes de la construction avec des légendes. Et comme toutes les cotes étaient en anglais, plutôt que de transcrire tout en mètre, j’ai acheté un étalon en inches et on a tout fait avec des mesures anglaises !

 

v&v.com : Mais le chantier se retrouve en difficulté financière…

P-M. B. : Quand je me suis installé à Hennebont, on m’a commandé un catamaran de quinze mètres et un monocoque de 9,50 m, tous les deux en strip-planking et dessinés par Plessis-Marin : j’embauche des gars et ça redevient un gros chantier… L’erreur ! Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est de mettre les mains dans le cambouis, pas de gérer une affaire derrière un bureau et plein d’employés. Cela ne m’a pas vraiment plu et je me suis de nouveau fait « scalpé » en 2000 parce que les « jeunes » qui voulaient leur catamaran n’arrivaient plus à payer le chantier : je suis donc retrouvé en redressement alors qu’il y avait du travail. C’est souvent quand ça tourne que les problèmes arrivent…

 

v&v.com : Mais tu peux t’en sortir…

P-M. B. : J’ai eu la chance d’avoir une commande du chantier Fountaine pour fabriquer le moule du Lavezzi : Jean-François m’a fait confiance et le tribunal a validé mon plan de redressement. Et en 2003, je trouve un associé (Jean-François Regnet) qui est resté dix ans ! Il m’a permis de m’en sortir tout en travaillant pour avoir une vision plus commerciale : à partir de 2004, le chantier a diffusé des voiliers neufs de la gamme Hanse. On a vendu 95 bateaux en sept ans entre 31 et 54 pieds, dont dix-huit en un seul Salon Nautique ! Mais contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est finalement pas très intéressant financièrement parce qu’il faut beaucoup travailler pour une marge réduite avec en sus, le SAV, les coups de téléphone des clients, le bricolage imprévu… Paradoxalement, plus on vendait de bateaux, plus on était en difficulté !

 

v&v.com : Et tu continues toujours à fabriquer des bateaux du chantier Billie Marine ?

P-M. B. : J’ai construit encore récemment des Billie Charlotte. Aujourd’hui encore, je peux réaliser des bateaux mais je ne fais plus de devis et je ne donne plus de délai : il y a donc nettement moins de clients potentiels ! La seule chose que je garantis, c’est que le travail sera nickel parce que le reste, c’est tellement variable : entre deux constructions d’un Billie Charlotte, le lest a coûté trois fois plus cher… Simplement parce que des spéculateurs ont fait flamber les prix. Le problème concerne surtout les petits chantiers qui font de petites séries et qui ne peuvent pas s’adapter à ces fluctuations. Et puis cela dépend aussi de la charge de travail de l’atelier : rien que d’aller chercher le moule d’un bateau au fond du chantier, c’est une semaine de boulot pour le nettoyer et le préparer. Et tout est à l’avenant pour les gabarits et autres : même si tout est parfaitement rangé, un bateau, c’est un puzzle de pièces…

 

v&v.com : Tu vends encore des bateaux ?

P-M. B. : Je suis l’importateur et le distributeur des Multi-23 pour presque toute l’Europe. Ils sont construits en Chine et il me faut quatre commandes pour remplir un container : à ce jour, j’ai livré 36 exemplaires essentiellement sur la côte atlantique française, et aussi en Méditerranée. Mais on sent que ça se tasse ces deux dernières années : il n’y a plus aucun coup de téléphone depuis l’automne dernier.

 

v&v.com : Donc le chantier Billie Marine ne fonctionne plus que comme atelier de réparation et d’entretien, comme hangar de stockage et pour les manutentions ?

P-M. B. : Absolument. On refait un pont en teck pour un 47 pieds, des peintures de coque. Pour trois personnes, on a du travail ! L’hiver, on stocke tout de même 150 bateaux : il faut les sortir de l’eau à l’automne et les remettre à l’eau au printemps. Les mâter, les démâter… Un patron de petit chantier qui ne fait que de la construction, en ce moment, il ne peut pas gagner sa vie ! Surtout que plus personne ne veut payer le vrai coût d’un bateau, avec un marché de l’occasion qui voit s’écrouler les prix : ils ont été divisés par deux en quelques mois. C’est la grande braderie : celui qui veut acheter un bateau d’occasion peut quasiment faire son prix puisque certains propriétaires ont leur bateau stocké à la vente depuis trois voir cinq ans ! Sans jamais un coup de fil ou une visite : j’ai vu des gens qui ont proposé 22 000 € pour un voilier qui était à la vente à 80 000 €, et ils sont partis avec. Parce qu’un bateau de 40 pieds, il faut le stocker, l’assurer, l’hiverner, l’entretenir même s’il ne navigue pas : c’est au minimum 3 000 €/an…

 

v&v.com : Le marché de l’occasion était aussi surcoté !

P-M. B. : Probablement, mais de moins en moins. Il y a trois-quatre ans, les bateaux étaient mis en vente 20 à 30% plus chers qu’ils ne valaient. Mais aujourd’hui, ils sont parfois deux fois moins chers que leur valeur réelle ! Ce sont tout de même des produits de loisir, qui ne servent pas dans la vie courante. Et il n’y a pas de signes avant coureurs d’une reprise, surtout qu’à mon avis, il y a déjà dix fois trop de bateaux ! Il faut arrêter d’en fabriquer. Ce sont les marins qui manquent, pas les voiliers… Et de toutes les tailles. Les ports sont saturés et les filières de déconstruction de bateaux sont un fiasco : combien de propriétaires ont amené leur bateau pour le compacter ?

 

v&v.com : Tu avais aussi l’idée de monter une « académie » pour former les plaisanciers aux travaux d’entretien et de réparation de leur bateau…

P-M. B. : C’est toujours dans les tuyaux, mais je n’ai pas trop le temps d’en faire la promotion en ce moment ! Cette « Université de Batologie » est venue du fait que plusieurs propriétaires qui ont leur bateau chez Billie Marine, me demandent des conseils : je voulais leur proposer de réserver une demie journée ou plus pour travailler avec eux en leur montrant comment faire ! Comme ça, ils travaillaient avec moi en apprenant à éviter les erreurs à ne pas faire, à savoir quels matériaux utilisés, comment faire plus vite... C’est parfait pour les propriétaires de Muscadet ou de bateaux en bois, parce qu’ils savent qu’ils devront de nouveau intervenir un autre hiver. C’est dans la mouvance de la devise du chantier Billie Marine : « plaisance d’esprit » !

 

………………………….

Le chantier Billie Marine en quelques mots

Création : 1988 à Morlaix

Gestion : Pierre-Marie Bernard

Voiliers produits : voiliers traditionnels en bois classique, strip-planking ou coque polyester

Modèles : Billie Jane, Quetzal, Billie Charlotte, Guépard, Cormoran, distributeur Multi-23

 

Chantier Billie Marine, 6 rue du cabotage, Cale de Ty Mor, 56700, Hennebont, tél : 02 97 85 54 54 ou 06 11 97 01 79, e-mail : billiemarine@wanadoo.fr, Internet : www.billie-marine.com

 

Légendes photos

-Première sortie du Billie Jane en rivière de Morlaix, juste devant le chantier Billie Marine installé à côté de la Manufacture des tabacs.

-Le Billie Charlotte a été construit à dix exemplaires : ce cotre de 7,20 m propose un volume habitable suffisant pour envisager la petite croisière côtière.

-Depuis qu’il a appris le métier de charpentier de marine chez Sibiril, Pierre-Marie Bernard affectionne les gréements traditionnels comme sur le Billie Charlotte, en cotre à flèche.

-Le Billie Jane a souvent été présent lors des rassemblements de gréements traditionnels en Bretagne puisque 42 exemplaires ont été fabriqué par Billie Marine.

-Le cotre de Carantec, La Jane a été le premier bateau remis en état par Pierre-Marie Bernard à Morlaix, d’où il a tiré un moule pour construire des exemplaires en polyester.

-Ce petit monocoque de six mètres a été dessiné par VPLP : le Castor est un très joli day-boat qui n’est toujours pas démodé mais seuls deux unités ont été fabriquées.

-Le dessinateur de bande dessinée Benjamin Flao, a croqué l’atelier Billie Marine avec au premier plan, le dessin d’Alfred Mylne de 1909 Lady Trix.

-Avec son rouf inspiré de Tina, le Billie Marie Rose Blanche est un modèle unique au cahier des charges très contraignant avec son tirant d’eau réduit et son tirant d’air limité qui impose un gréement houari.

-Mise à l’eau du premier Quetzal dans le port de La Trinité/mer : ce petit day-boat inspiré par le Monotype International de 1924 était parfaitement adapté au plan d’eau du golfe du Morbihan et de la baie de Quiberon.

-Installé à Hennebont à quelques pas de la rivière Blavet, le chantier Billie Marine accueille plus de 150 bateaux en hivernage et peut désormais assurer la manutention et le mâtage grâce à sa grue mobile.

-Comme tous les ateliers de construction navale, chaque centimètre carré est exploité pour accueillir des bateaux en construction, en finition, en réparation ou en entretien à l’image d’un Corsaire, d’un Billie Jane et d’une vedette du port de Locmiquélic.

-Construction des Billie Jane au chantier Dufour de La Rochelle dans les années 1991-92 : treize unités y seront produites !

-Le Flat Fish de Nathanaël Herreshoff est un petit day-boat rapide que le magazine Wooden Boat proposait de construire à partir d’un catalogue de plus de 200 photographies explicatives.

-Lady Trix est un plan Mylne de 1909 que Pierre-Marie Bernard a échangé contre un Billie Jane mais il dut se séparer cinq saisons plus tard de ce superbe cotre aurique à flèche.

-Depuis trente ans, Pierre-Marie Bernard fait tourner le chantier Billie Marine installé d’abord à Morlaix, puis à Saint-Philibert et désormais à Hennebont, se concentrant aujourd’hui sur l’entretien, le stockage et la réparation.

 

 

 

 

 article presse

 

BILLIE MARINE  -  billiemarine@wanadoo.fr

02 97 85 54 54  -  07 88 17 63 07

PARTAGER NOUS SUIVRE
 
Plan d'accès -  Plan du site -  Mentions légales -  Flux Rss -  Création et référencement site immobilier E-comouest